A Akonabouè dans la commune de Porto-Novo, une cinquantenaire travaille sur une exploitation peu ordinaire : une pisciculture. Passionnée de l’aquaculture, Gisèle Dah-Zoundji gère toute une ferme agricole depuis 1991 et trouve le temps de s’impliquer dans des organisations paysannes, la formation des éleveurs de poisson, mais aussi dans sa vie familiale. Elle a hâte de bénéficier des services du FNDA qui, pour elle, étaient vivement attendus. Portrait d’une ancienne collégienne devenue agricultrice…

Sa fière allure n’est pas sa seule singularité. A cinquante ans, Gisèle Dah-Zoundji est également piscicultrice, passionnée de l’agriculture. Elève studieuse jusqu’en classe de terminale, rien ne la prédestinait à aller dans l’entrepreneuriat agricole. Et pourtant, elle n’a pas hésité à changer radicalement de vie et à prendre goût à sa nouvelle passion. Depuis qu’elle est sortie du centre de référence Songhaï en 1991, celle qui a grandi en zone lacustre s’épanouit dans sa ferme à Akonabouè. Alliant élevage de poissons notamment le tilapia et le clarias, à celui du lapin, du porc et à la transformation de l’huile de palme, Gisèle fait désormais montre d’un savoir-faire exceptionnel qui la rend autonome. Mariée et mère de cinq enfants, elle fait montre d’un leadership naturel. Son singulier parcours lui a permis de forger une forte personnalité assez affirmée tant dans sa vie professionnelle que dans sa vie personnelle.

Pourtant, à ses débuts, les démarches administratives et les recherches de financement pour faire prospérer son entreprise agricole ne lui ont pas facilité les choses. Mais en bonne guerrière, elle n’a pas attendu qu’on lui concède quelque parcelle de pouvoir pour prendre son destin en main. Cela fit d’elle, très tôt, une femme de décision et de responsabilité. D’ailleurs, elle n’a pas tardé à adhérer à des organisations paysannes et coopératives agricoles. À croire que Gisèle n’avait pas assez de travail avec la ferme et ses cinq enfants à élever. La remarque l’amuse et elle renchérit en évoquant un projet qui lui tient à cœur. Anciennement Présidente de l’Organisation Paysanne Agricole (OPA), elle porte aujourd’hui la casquette de responsable chargée de la formation, de l’information et de la communication de l’Association Nationale des Coopératives d’Éleveurs de Poisson du Bénin (ANaCEP-Bénin).

Pour elle, c’est un soulagement et une joie de voir la mise en place du Fonds National de Développement Agricole (FNDA). Une structure qu’elle aurait souhaité voir naitre à l’époque où elle entamait son projet piscicole. Qu’à cela ne tienne ! elle compte bien bénéficier de l’appui du FNDA, car les projets ne manquent pas. Le FNDA pour Gisèle Dah-Zoundji Adogony est donc une opportunité offerte aux entrepreneurs agricoles comme elle d’augmenter leur capacité de production et de contribuer à faire des secteurs de l’agriculture et de l’élevage des pôles de création de richesse et croissance au Bénin. Elle entend, avec l’appui du FNDA, passer de sa production actuelle de trois tonnes de poissons à cinq ou six tonnes dans les deux ans à venir. Une telle évolution qualitative et quantitative dupliquée à l’échelle nationale au niveau de tous les producteurs agricoles, permettra, à coup sûr, d’atteindre les objectifs assignés au FNDA par le Gouvernement béninois. Et déjà, elle dit disposer de deux plans d’affaires prêts à être soumis au financement du FNDA qui, croit-elle, certainement seront éligibles.

Se réjouissant de voir aujourd’hui le Gouvernement nourrir, à travers ce fonds, l’ambition de faire du secteur agricole au Bénin un véritable pôle pourvoyeur d’emplois, de richesse et d’accélérateur d’auto-suffisance alimentaire. Surtout que le besoin était là, immense, au vu des difficultés rencontrées par les acteurs sur le terrain. Lesquelles difficultés étaient essentiellement liées aux taux de crédits prohibitifs de 24% pratiqués par les banques et les ISF, rendant inaccessibles les prêts aux promoteurs agricoles comme elle. Or, avec les bonifications des prêts du FNDA, elle pourra faire face plus efficacement aux autres difficultés liées à son activité de pisciculture tels que les intrants, le dragage des étangs, la création des lacs. Gisèle Dah-Zoundji se projette dans l’avenir avec une certaine sérénité. Mais n’est-ce pas le bon sens paysan ?