Du 26 Novembre 2020 au 23 janvier 2021, le Fonds National de Développement Agricole (FNDA) a organisé une campagne d’informations et de sensibilisation sur les mesures spécifiques du Gouvernement au profit des promoteurs agricoles. Cette campagne a permis d’exposer aux acteurs agricoles, les mesures prises en leur faveur par le Gouvernement en vue de rendre facile l’accès aux crédits.

En clair, il a été question d’expliquer aux promoteurs agricoles de tous les départements du pays les démarches à accomplir afin de bénéficier des crédits du Guichet 3 du FNDA. Au terme de cette tournée, il nous parait judicieux de tirer les grandes leçons de cette aventure.La première chose qui a attiré l’attention collective durant cette campagne est la grande mobilisation des acteurs agricoles. A chaque étape, ils ont massivement effectué le déplacement. C’est la preuve que les organisateurs de cette activité ont vu juste et que le besoin d’information sur l’abondement du Guichet 3 du FNDA intéresse hautement les promoteurs agricoles. Cet engouement des acteurs agricoles est aussi la preuve que cette campagne d’informations et de sensibilisation sur les opportunités offertes par le FNDA en matière de financement agricole était très attendue.

Ensuite, il a été constaté à l’occasion de la campagne d’informations et de sensibilisation des promoteurs agricoles organisée par le Fonds National de Développement Agricole (FNDA), que plusieurs centaines de dossiers de demandes de financement ont été rejetés à cause de leur mauvaise qualité. Rien que dans la commune de Glazoué par exemple, Issiaka Kassimou, le Directeur de l’Agence Territoriale de Développement Agricole du Pôle 4 a affirmé que près de 300 dossiers ont été rejetés dans cette commune. Il n’est donc pas superflu de rappeler que le FNDA a mis en place et collabore avec diverses structures pour l’encadrement des exploitants agricoles pour l’élaboration de dossiers bancables. Ce sont des structures agréées par le Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche pour la préparation et l’encadrement des petites exploitations agricoles (Structures agréées en Conseil Technique Spécialisé ; en Conseil en Gestion des Exploitations Agricoles et en Conseil en Organisation et à la Planification Locale).

D’autres organismes partenaires du FNDA interviennent dans le cadre de la préparation et l’encadrement des PME/PMI agricoles. Il s’agit des Structures d’Appui et d’Encadrement pour les services de formation, de diagnostic et d’élaboration de plan d’affaires, pour les PME/PMI agricoles qui s’adressent aux banques. Il y a également les Centres de Gestion Agréés (CGA) par le Ministère de l’Economie et des Finances pour les prestations relatives à la tenue de comptabilité, l’élaboration des états financiers certifiés et les déclarations fiscales et sociales.Parmi les constats faits durant la campagne, il y la confusion faite par le public et les promoteurs agricoles au sujet du FNDA.

Contrairement à ce que pensent les paysans, le FNDA n’est pas un projet qui a une durée de vie limitée. C’est un établissement à caractère public qui a une durée de vie illimitée, c’est-à-dire au moins 99 ans. Le Fonds n’est donc pas un outil ponctuel pour booster le développement agricole, mais plutôt un programme pérenne. La seconde confusion qui a été dissipée grâce à la tournée est que le FNDA , était assimilé à une institution bancaire qui finance directement les projets agricoles. A chaque étape, le Directeur Général du FNDA, Valère HOUSSOU, a expliqué le mode opératoire du Guichet 3. Il a souligné que le Fonds couvre la moitié de la garantie nécessaire à l’obtention des crédits auprès des banques et des SFD. Il a rappelé les conditions à remplir par les PME/ PMI agricoles pour bénéficier du crédit. Valère HOUSSOU a indiqué que le crédit au niveau des banques est plafonné à 500 millions FCFA, avec un taux d’intérêt de 9 % l’an maximum, et 2% l’an pour les bénéficiaires de la bonification.

Les SFD, de leur côté, financeront les petits producteurs et exploitants agricoles avec un montant plafonné à 50 millions de francs CFA, et un taux d’intérêt maximum de 12% l’an et 2% l’an aux bénéficiaires concernés par la bonification du taux d’intérêt.Les exploitants agricoles ont aussi souhaité, durant la tournée de sensibilisation, que le financement agricole couvre aussi l’acquisition ou la location de la terre. Ils avancent que plusieurs potentiels exploitants ont des projets qu’ils estiment viables, mais ne disposent pas de terres cultivables. La non-disponibilité de terres apparait donc comme un facteur qui freine l’investissement privé agricoles.

Enfin, les questions des uns et des autres durant la campagne confirment que le besoin d’information et de sensibilisation est immense.